• Fixer des objectifs de communication clairs est indispensable pour renforcer l’impact d’une association de santé locale.
  • Les missions principales (prévention, accompagnement, information, plaidoyer, mobilisation) demandent chacune des axes de communication spécifiques.
  • Un diagnostic interne/externe permet d’ajuster ces objectifs à la réalité du terrain et aux attentes des publics ciblés.
  • Des exemples concrets et des repères méthodologiques aident à choisir des indicateurs pertinents et des actions réalistes.
  • Co-construire les objectifs avec les parties prenantes engage l’association et renforce la légitimité de ses actions.
  • Une évaluation régulière favorise l’amélioration continue et l’adaptation aux évolutions du secteur santé.

Pourquoi des objectifs de communication ? De la mission à l’impact…

Dans un secteur aussi essentiel que la santé, chaque association porte une mission qui la distingue. Pourtant, beaucoup de structures locales peinent à décliner concrètement cette mission en objectifs de communication opérationnels. Or, définir de bons objectifs, c’est donner du sens à chaque action, éviter la dispersion et maximiser l’utilité sociale de la communication.

  • Aligner la communication avec le projet associatif : Un objectif bien formulé traduit, communique et valorise la singularité de l’association, tout en restant fidèle à ses finalités.
  • Structurer les actions : Des objectifs clairs rendent possible la priorisation, l’arbitrage et l’organisation à l’échelle d’équipes bénévoles souvent sur sollicitées.
  • Faciliter l’évaluation : Un objectif mesurable permet de vérifier l’efficacité, d’améliorer les pratiques voire, à terme, de renouveler les financements.

Missions associatives et typologie des objectifs : la bonne adéquation

Les objectifs ne sont efficaces que s’ils sont adaptés aux missions principales de l’association. Voici un panorama des grandes missions d’associations de santé locale et des objectifs de communication qui en découlent naturellement.

Mission de l'association Objectifs de communication adaptés Exemples d’indicateurs
Prévention et information
  • Accroître la visibilité de l’association et de ses messages
  • Sensibiliser des publics spécifiques (jeunes, seniors, familles...)
  • Diffuser des outils/livrets
  • Contrer la désinformation
  • Nombre de personnes touchées
  • Taux de téléchargement de ressources
  • Nombre de questions posées par les publics
Accompagnement et soutien
  • Rendre les offres d’accompagnement clairement identifiables
  • Améliorer la notoriété auprès des partenaires (soignants, structures…)
  • Diminuer les freins à l’accès aux services
  • Nombre de bénéficiaires accueillis
  • Feedback qualitatif des accompagnés
  • Partenariats développés localement
Plaidoyer et mobilisation citoyenne
  • Mobiliser de nouveaux bénévoles/adhérents
  • Susciter l’adhésion à une cause ou à un plaidoyer
  • Faire évoluer les représentations/les politiques locales
  • Nombre de signatures/pétitions
  • Présence dans la presse locale
  • Nombre d’élus interpellés
Collecte de fonds/ressources
  • Susciter la confiance des donateurs
  • Mieux valoriser la mission auprès de mécènes
  • Montant collecté
  • Nombre de nouveaux soutiens

Faire le diagnostic : enjeux, ressources, publics et contextes

Avant de fixer des objectifs, chaque association gagne à prendre le temps d’un diagnostic, même rapide, pour s’adapter à la réalité précise de son environnement.

  1. Clarifier la mission de l’association : Relire les statuts, les plans stratégiques, les comptes-rendus d’assemblée générale. Poser noir sur blanc la raison d’être est un ancrage indispensable.
  2. Cartographier les publics : Qui la structure veut-elle toucher (usagers, professionnels, familles, décideurs, nouveaux publics isolés…) ? Quels sont leurs besoins spécifiques ?
  3. Évaluer la notoriété et l’image de l’association : Selon le Baromètre de la confiance de la Fondation de France, la notoriété spontanée des associations de santé locales ne dépasse que rarement les 15 % dans leur bassin d’intervention (Fondation de France).
  4. Identifier les ressources et leviers : Humaines, techniques, matérielles. Les choix d’objectifs doivent tenir compte des réalités internes.
  5. Repérer les obstacles et opportunités : Ex : une association locale peut profiter d’un événement de santé national ou d’une dynamique territoriale pour amplifier sa voix.

SMART ou pas ? Comment formuler des objectifs utiles, mobilisateurs et réalistes

La méthode SMART (Spécifique, Mesurable, Atteignable, Réaliste, Temporellement défini) reste une référence utile, mais elle doit être adaptée au contexte associatif, où l’intention et l’engagement priment souvent sur la dimension “performance pure”.

  • Un objectif spécifique : “Faire connaître les permanences de prévention du diabète dans les quartiers Est auprès de 500 habitants d’ici décembre.”
  • Un objectif mobilisateur : “Mobiliser 20 bénévoles supplémentaires pour le relais d’écoute, avec une campagne d’affichage en maison de santé.”
  • Un indicateur de résultats utile : Nombre de contacts pris, inscriptions à une newsletter, demandes d’information reçues…
  • Un objectif adapté au temps et aux cycles associatifs : “Doubler les demandes d’accompagnement de jeunes aidants lors de la rentrée scolaire.”

Astuce : Ne multipliez pas les objectifs. Mieux vaut cibler 2 ou 3 objectifs majeurs chaque année, quitte à les faire évoluer !

Exemples concrets : traduire ses missions en objectifs vivants

Pour illustrer, voici plusieurs cas réels et anonymisés, issus d’associations locales :

  • Association de lutte contre le VIH : après avoir constaté une méconnaissance de leur lieu d’accueil, renforcement de la communication géolocalisée (flyers dans les pharmacies, signalétique au centre-ville) avec comme objectif d’augmenter de 30 % la fréquentation des consultations anonymes en un an.
  • Association d’aidants familiaux : création d’un groupe Facebook “Aide et Répit 17” pour les proches aidants sur le territoire, objectif de 200 membres au bout de 6 mois, en valorisant témoignages et fiches pratiques adaptées au contexte rural.
  • Collectif prévention cancers féminins : objectif de sensibilisation par vidéo témoignages auprès des jeunes femmes, diffusion dans les lycées et réseaux sociaux afin de dépasser 1000 vues/utilisateurs touchés avant la Journée mondiale de lutte contre le cancer.

Impliquer et co-construire : les objectifs doivent rassembler

Impliquer les membres, les usagers, les partenaires dans la définition des objectifs accroît la pertinence et la portée des futures actions. Cela favorise l’engagement et la compréhension partagée des priorités.

  • Organiser un atelier collectif (en présentiel ou à distance) : chaque mission, chaque public cible, chaque enjeu peut y être réinterrogé.
  • Faire valider les objectifs par le conseil d’administration ou le collectif : cela facilite l’appropriation des messages et leur relais par les bénévoles.
  • Recueillir les attentes des bénéficiaires via un court questionnaire (papier ou en ligne) : simple, mais impactant pour ajuster les messages.

Point d’attention : Toutes les parties prenantes n’ont pas les mêmes priorités : le dialogue et l’explicitation des choix faits sont clés dans l’adhésion interne.

Suivi, évaluation et évolution : des objectifs pour grandir

Evaluer n’est pas toujours une mince affaire, mais c’est essentiel pour progresser. Les associations ont souvent “le nez dans le guidon”, or des outils simples existent :

  • Tableau de bord de suivi : nombre de supports diffusés, nouveaux contacts relations presse, nouveaux publics rejoints, feedback recueillis.
  • Temps de bilan partagé (trimestriel ou annuel) : ce qui a fonctionné, ce qui coince, à garder/adapter.
  • Indicateurs qualitatifs : retours spontanés, témoignages recueillis (utiles pour défendre l’utilité de la structure).

L’évaluation régulière n’est pas qu’un impératif gestionnaire, c’est un levier de reconnaissance, d’appropriation par l’équipe, et d’amélioration continue. Certaines associations produisent même un “bilan de com’” simplifié, à joindre au rapport d’activité, pour montrer, en toute transparence, les retombées des efforts menés.

Pour aller plus loin : inspiration, ressources, échanges

La communication associative en santé n’est ni une science exacte ni un terrain réservé aux spécialistes. Les ressources sont multiples : webinaires, guides pratiques (comme le Guide de la communication associative en santé édité par le ministère), ou collectifs régionaux comme France Assos Santé. Partager ses avancées, ses réussites comme ses difficultés, c’est aussi faire grandir toute la communauté engagée.

Une association qui sait où elle va en matière de communication, même localement, gagne en clarté, en efficacité… et inspire confiance. Il ne s’agit pas de viser grand : il s’agit d’être juste et pertinent… pour donner de la force à ses missions de santé.

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