Pour engager une véritable dynamique et valoriser l’action des associations, il est essentiel de disposer d’objectifs de communication précis, motivants et atteignables. Une stratégie efficace commence par l’identification des besoins, le dialogue avec les parties prenantes et la prise en compte des ressources disponibles. Un objectif bien formulé donne le cap, favorise la mobilisation des équipes, permet de mesurer les avancées et d’ajuster les actions. La méthode SMART, l’implication collective et la clarté dans la formulation figurent parmi les leviers incontournables pour éviter la dispersion et maximiser l’impact des messages auprès des publics ciblés.

Pourquoi des objectifs précis sont la clé d’une stratégie de communication associative réussie

Dans de nombreuses associations santé, la communication repose encore sur la “bonne volonté” de quelques personnes, sans feuille de route claire. Cela conduit à s’épuiser, à multiplier les actions peu coordonnées et à constater trop tard que les résultats ne suivent pas. Énoncer des objectifs précis, concrets et partagés évite ces pièges et apporte :

  • Une direction claire : savoir pourquoi et pour qui on communique permet d’éviter la dispersion et de se concentrer sur l’essentiel.
  • Une évaluation facilitée : des objectifs bien construits permettent de mesurer les avancées, de rendre compte – auprès de l’équipe, des financeurs et des partenaires – et d’ajuster la trajectoire si besoin.
  • Une mobilisation accrue : lorsqu’on donne du sens, on fédère l’équipe et les bénévoles autour d’un projet porteur.
  • Une meilleure utilisation des ressources : concentrer ses moyens humains et financiers sur ce qui compte vraiment, dans une logique de priorisation.

D’après une étude réalisée en 2022 par France Bénévolat, plus de 40 % des associations estiment manquer de repères structurants sur leur communication* – ce qui limite la portée de leurs actions et affaiblit la confiance des parties prenantes. Travailler sur les objectifs, ce n’est donc pas une simple formalité mais un levier stratégique incontournable. *Source : Baromètre d’opinion « La place du bénévolat en France », France Bénévolat, 2022.

Co-construire ses objectifs : la communication est une aventure collective

Définir les objectifs ne devrait jamais être une démarche solitaire. L’expérience montre qu’impliquer toutes les parties prenantes – salariés, bénévoles, membres du conseil d’administration, bénéficiaires ou parfois partenaires extérieurs – garantit des objectifs légitimes et partagés, sources d’engagement. Voici quelques méthodes et outils pour y parvenir :

  • Ateliers collaboratifs (type world café, brainstorming, SWOT) : réunir l’équipe pour identifier les besoins de communication, les priorités, mais aussi les éventuels freins et idées neuves.
  • Entretiens exploratoires : interroger individuellement quelques acteurs-clés pour faire émerger les attentes et les motivations.
  • Questionnaires express : sonder rapidement (en présentiel ou en ligne) l’avis de différents membres sur les priorités de communication, le fonctionnement actuel, les envies d’évolution…

Cette co-construction permet d’éviter deux écueils : des objectifs éloignés du terrain, dictés par une seule personne, ou des objectifs flous, faute de dialogue préalable.

Définir des objectifs réalistes : l’enjeu des moyens et du contexte

On rêve tous de toucher un maximum de personnes, de transformer radicalement les pratiques de prévention ou de récolter 10 000 nouveaux dons en un an. Mais dans le monde associatif santé, la réalité impose parfois des limites : temps des bénévoles, budget, présence numérique, accessibilité des publics.

Quelques repères pour adapter ses ambitions :

  • Analyser les ressources disponibles : combien de temps, de personnes, de budget, d’appuis extérieurs ? Tout objectif doit être mis en regard de ces moyens réels.
  • Tenir compte du contexte : une petite association locale n’a pas les mêmes leviers qu’un réseau national ; un projet innovant n’aura pas la même visibilité qu’une campagne institutionnelle portée par des grandes structures.
  • Identifier les pré-requis : certains objectifs ne peuvent être poursuivis que si d’autres actions préalables sont achevées (site web prêt, base d’emails constituée, équipe formée…)

L’enjeu est de viser juste : un objectif ambitieux mais atteignable est un puissant moteur, quand un objectif irréaliste décourage, voire démotive durablement l’équipe.

La méthode SMART, outil incontournable pour formuler ses objectifs

Parmi les nombreux outils méthodologiques, la méthode SMART est un véritable allié pour cadrer les objectifs de communication. Un objectif “SMART” doit être :

  • S : Spécifique – l’objectif est précis, non ambigu ; on sait exactement ce qu’on veut obtenir.
  • M : Mesurable – il est possible de l’évaluer avec des indicateurs clairs.
  • A : Atteignable – il tient compte des moyens, du temps, des capacités de l’association.
  • R : Réaliste – il sert un enjeu réel pour la structure ou son public, ni trop facile ni impossible.
  • T : Temporellement défini – il comporte une échéance, une date-butoir.

Exemple concret dans le secteur santé :

  • ❌ “Améliorer la communication sur notre action de dépistage.”
  • ✅ “Augmenter de 25 % le nombre de personnes informées de nos actions de dépistage dans la commune d’ici la fin de l’année, via notre page Facebook et l’envoi d’une newsletter bi-mensuelle.”

Ce deuxième exemple formalise un objectif efficace : il est précis (qui, quoi, où ?), mesurable (25 %), limité dans le temps, et adapté aux outils disponibles.

Travailler sur la segmentation des publics pour préciser les objectifs

Un objectif pertinent ne doit pas viser tout le monde indistinctement. La force d’une communication associative est de s’adresser au bon public, avec le bon message au bon moment. Une clarification des cibles est donc essentielle :

  • Bénéficiaires directs (ex : malades, aidants, familles…)
  • Partenaires (autres associations, collectivités, soignants …)
  • Grand public (sensibilisation, plaidoyer, recrutement…)
  • Financeurs (soutiens institutionnels, donateurs…)

Astuce : pour chaque cible, reformuler l’objectif adapté à son profil. Exemple : le taux d’ouverture d’une newsletter ne sera pas le même selon qu’on écrit à des professionnels de santé ou à un public familial non spécialiste.

Des indicateurs pour suivre ses objectifs et adapter sa stratégie

Une bonne stratégie de communication n’est pas figée. Se donner des objectifs, c’est aussi accepter de revisiter sa feuille de route à la lumière des résultats. Comment ? En se dotant d’indicateurs adaptés, simples à recueillir, qui permettent un suivi régulier.

Objectif Indicateur(s) Fréquence du suivi
Développer la visibilité sur un territoire Nouveau visiteurs sur le site, mentions dans la presse locale, demande d’informations reçues Mensuel
Renforcer l’engagement sur les réseaux sociaux Nombre de likes/partages/commentaires, taux d’abonnement Hebdomadaire
Informer les bénéficiaires d’un nouveau service Taux d’ouverture des emails, inscriptions reçues, retours directs Après chaque campagne

Le choix des indicateurs doit être réaliste : il vaut mieux en suivre trois pertinents que dix qui ne seront jamais renseignés. Et ce suivi doit servir avant tout à améliorer, à réajuster et à valoriser les progrès auprès de l’équipe et des partenaires.

Éviter les pièges : ne pas confondre objectifs et moyens

Un écueil fréquent : formuler des objectifs qui ressemblent à des actions. Par exemple : “lancer une page Facebook”, “imprimer 2 000 flyers”, “faire une vidéo”. Ces exemples sont des moyens, non des objectifs. L’objectif doit toujours être formulé en termes d’impact attendu, pas d’outil employé.

  • Mauvaise formulation : “Créer un podcast sur la prévention.”
  • Bonne formulation : “Sensibiliser 200 jeunes adultes aux risques liés au tabac, via une série de trois podcasts diffusés au printemps.”

Le choix des moyens vient ensuite, une fois défini ce que l’on souhaite obtenir.

Partager, valoriser et faire vivre ses objectifs collectivement

La réussite n’est jamais sur ordonnance. Même formulés de façon optimale, les objectifs de communication associative santé ont besoin d’être partagés, rendus visibles et incarnés au quotidien. Quelques pratiques qui font la différence :

  • En faire un affichage partagé lors des réunions : cela rappelle à chacun le cap collectif.
  • Faire évoluer les objectifs lors de points d’étape, en impliquant à nouveau l’équipe sur la base des bilans d’action.
  • Valoriser chaque progrès, même partiel, pour entretenir la dynamique (par exemple via des newsletters internes ou des moments de retour collectif).

Cette approche dynamique, résolument co-construite et transparente, stimule la mobilisation, favorise la confiance et renforce le sentiment d’appartenance, si précieux en contexte associatif.

Pour aller plus loin : ressources utiles et bonnes pratiques

L’intelligence collective et la mutualisation sont de formidables atouts pour améliorer l’impact des communications associatives. Voici une sélection de ressources éprouvées et de bonnes pratiques à découvrir :

Définir des objectifs de communication clairs et réalistes, c’est d’abord collectivement se donner la possibilité de réussir, de faire entendre les voix de celles et ceux qui s’engagent pour la santé, et de pérenniser une dynamique inclusive, respectueuse des moyens de chacun. C’est aussi faire le choix de l’efficience, de la pédagogie et du sens : autant de piliers essentiels pour traverser les défis du secteur et amplifier la portée des initiatives associatives.

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