Les étapes incontournables d’un plan d’actions en communication santé
1. Repartir de l’utilité : quels objectifs de communication ?
Avant même de réfléchir à “ce qu’on va faire”, il faut clarifier “pour quoi faire”. Cela suppose une vraie réflexion en équipe, au regard des besoins repérés et de la mission de la structure.
- Informer et sensibiliser sur un problème de santé publique spécifique (ex : les conduites addictives, la vaccination, le renoncement aux soins)
- Faire connaître un service, une offre d’accompagnement, une cause
- Mobiliser autour d’une action (journée de prévention, campagne de dons, recrutement de bénévoles ou de soignants…)
Un objectif de communication efficace est formulé de façon claire, réaliste et mesurable. Un exemple parlant :
- Peu précis : “Améliorer la visibilité de notre association auprès du public.”
- Plus efficace : “Doubler, en un an, le nombre d’inscriptions à nos ateliers de prévention auprès des professionnels de santé du territoire X.”
2. Prendre le temps de l’écoute et de l’analyse : bien connaître ses publics
En santé, chaque public a ses réalités. Distinguer les patient·es, les proches, les professionnels, les institutions, les journalistes… Ce travail d’analyse peut s’appuyer sur des outils comme la cartographie des parties prenantes ou les personas (profils types d’usagers).
- Quelles sont leurs attentes, leurs peurs, leurs canaux d’information ?
- Quels freins peuvent-ils rencontrer face au message ?
- Quels relais de confiance — associations, familles, leaders locaux — peuvent soutenir les actions ?
Exemple : Communiquer sur la santé mentale ne passe pas par les mêmes mots ni par les mêmes supports selon que l’on parle aux jeunes, aux professionnel·les scolaires, aux familles ou aux élus locaux. D’où l’intérêt d’enquêtes rapides (questionnaires courts, échanges collectifs, entretiens informels) pour ancrer l’action dans le réel.
3. Faire le tri : choisir les messages et les canaux adaptés
Surinformation, fake news, défiance : il est vital de privilégier la qualité à la quantité. Pour chaque objectif, un message principal, clair, qui résonne avec la réalité du public.
| Public cible |
Message clé |
Canal pertinent |
| Jeunes |
“Parler, c’est déjà agir — ose demander de l’aide.” |
Réseaux sociaux, ateliers interactifs en milieu scolaire |
| Professionnels de santé |
“Repérer, agir, orienter : vous n’êtes pas seuls.” |
Newsletter, webinaires, fiches-pratiques distribuées |
| Familles concernées |
“Trouver des ressources près de chez soi, c’est possible.” |
Facebook local, affichage en mairie, relais associatifs |
Moins c’est parfois mieux : il vaut mieux trois actions ciblées, bien scénarisées, qu’une dispersion sur des dizaines de supports où l’on s’essouffle rapidement.
4. Planifier dans le temps : calendrier, ressources et responsabilités
Un plan d’actions doit être réaliste : inutile d’imaginer une campagne à déployer sur tous les fronts si l’équipe est composée de deux bénévoles. La planification suppose :
- Un calendrier précis (qui fait quoi, quand ?)
- L’identification des ressources (budget, temps, compétences techniques, accès aux supports…)
- La nomination de référents pour chaque action (évite l’effet “tâche collective, tâche oubliée” !)
- Des points de coordination réguliers pour suivre l’avancement, repérer les obstacles et ajuster
Outil concret : le tableau de pilotage, simple mais efficace, où chaque action correspond à une ligne avec le responsable, l’objectif visé, la date butoir, le statut (en cours, réalisé, à reporter…). Solution très accessible : le tableur partagé (Google Drive, OnlyOffice, Framacalc) ou tout outil de gestion collaborative de projets.