Face à la multiplication des canaux de communication, les acteurs du secteur médico-social s’interrogent sur la pertinence d’opter pour le digital, l’imprimé ou une stratégie mêlant les deux. Le choix dépend de nombreux critères : cible, accessibilité, budget, contexte réglementaire et objectifs de communication. Voici les points essentiels à avoir à l’esprit pour faire des choix éclairés et obtenir un impact maximal :
  • La communication digitale permet une large diffusion, une mise à jour rapide et l’accessibilité à distance, mais nécessite que le public ait accès aux outils numériques.
  • Les supports imprimés restent essentiels pour atteindre des publics éloignés du numérique, valoriser de façon tangible ou sensibiliser sur certains sujets sensibles.
  • Le budget, la temporalité et la disponibilité des ressources humaines orientent le choix : chaque canal a ses coûts (création, impression, diffusion, maintenance…)
  • De nombreux exemples montrent qu’une approche combinée (print + digital) est souvent la plus efficace pour couvrir les besoins, favoriser l’inclusion et renforcer le message.
  • Les cadres légaux (protection des données, accessibilité) et les attentes des usagers guident aussi le choix des outils.

Définir la communication digitale et les supports imprimés : repères et usages

Avant de se lancer dans un choix, clarifions ce que recouvrent ces deux grandes familles de communication, et pourquoi leur articulation est loin d’être anecdotique dans le secteur médico-social.

  • La communication digitale regroupe sites internet, newsletters, réseaux sociaux, applications, campagnes e-mailing ou SMS, vidéos et webinaires, blogs, plateformes collaboratives…
  • Les supports imprimés comprennent les affiches, brochures, flyers, magazines internes, rapports annuels, livrets d’accueil, affichages dans les établissements, courriers.

Historiquement, l’imprimé a longtemps été le canal principal des organismes médico-sociaux, notamment pour des raisons d’accessibilité et de proximité. Mais avec la dématérialisation des services, la crise sanitaire et la généralisation des usages numériques, le digital devient incontournable… sans pour autant éclipser le rôle du papier.

Identifier ses publics : le point de départ de toute stratégie de communication

Dans le secteur médico-social, la diversité des publics est extrême : personnes accompagnées (parfois en situation de handicap, âgées, isolées…), familles, professionnels, bénévoles, partenaires institutionnels, financeurs. Le premier principe à respecter est de toujours partir des besoins et des habitudes de ses différents publics.

  • Une enquête INSEE (2021) pointe que près de 13 millions de personnes en France sont éloignées du numérique, soit par absence d’équipement, soit par difficulté d’usage, situation très fréquente chez les publics en situation de précarité ou de handicap (INSEE).
  • Les professionnels médico-sociaux sont, eux, majoritairement connectés mais réclament de l’information synthétique, actualisée, disponible rapidement.
  • Les financeurs et partenaires attendent souvent des rapports ou présentations sous formats multiples.

Cela impose aux acteurs du secteur une réflexion fine et inclusive sur le choix du canal : quel(s) support(s) seront accessibles, adaptés et attractifs pour chaque cible ?

Quels critères pour choisir entre digital et imprimé ?

  • L’accessibilité : privilégier l’imprimé pour des personnes âgées, malvoyantes, peu à l’aise avec l’outil numérique ; penser au digital pour la diffusion large, les familles ou professionnels équipés.
  • Le type d’information : l’imprimé agit comme un objet-transfert (livret d’accueil, guide pratique…), tandis que le digital est idéal pour l’actualité, l’agenda, le partage de ressources, la participation (questionnaires, messagerie, webinaires…).
  • La durée de vie : le papier peut s’installer dans la durée (plaquette, affichage en établissement), le digital permet des mises à jour faciles et régulières.
  • L’impact émotionnel : un magazine, une carte postale ou une affiche marquante peuvent renforcer le lien humain, susciter la confiance ou l’engagement.
  • Les contraintes budgétaires : coût d’impression, logistique de diffusion, abonnements numériques, frais de maintenance, question de la durabilité écologique.
  • Le cadre réglementaire : RGPD pour les outils digitaux (données des usagers), accessibilité numérique (référentiel général d’amélioration de l’accessibilité – RGAA), respect du droit à l’image et inclusion pour les supports imprimés.

Quels sont les atouts et limites de chaque canal dans le médico-social ?

Comparatif synthétique entre supports digitaux et imprimés pour le secteur médico-social
Critère Digital Imprimé
Diffusion Rapide, élargie, instantanée Limitée à l’espace physique, lente, tangible
Coût Souvent faible (hors création : site, vidéo…), récurrent pour la maintenance Frais d’impression, de stockage, de diffusion
Accessibilité Indispensable pour toucher jeunes, familles, pro actifs Essentiel pour personnes âgées, non-outillées, déficientes visuelles (avec adaptation)
Interactivité Elevée : liens, vidéos, formulaires, échanges Nulle ou très limitée
Durabilité/environnement +/- : faible empreinte physique mais dépendance énergétique, éphémère +/- : déchets papier mais longue visibilité
Adaptabilité Haute : mise à jour instantanée Faible : rigide, nécessite réimpression
Impact émotionnel Parfois faible (déconnexion, zapping) Forte mémorisation, dimension humaine

Des exemples concrets pour s’orienter

  • Une association de prévention santé privilégiera le digital pour sensibiliser, partager des vidéos témoignages, lancer des consultations en ligne, tout en éditant des livrets de prévention papier destinés aux ateliers en présentiel.
  • Une maison d’accueil spécialisée misera sur le print pour informer les résidents et familles via un livret d’accueil, tout en déployant une infolettre pour les soignants ou une messagerie pour les familles éloignées.
  • Une structure d’insertion combinera flyers pour événements locaux accessibles aux personnes en difficulté et pages Facebook pour relayer l’actualité ou lancer des projets.

Ces exemples démontrent que la solution la plus pertinente dans le médico-social est très souvent hybride, adaptée au contexte de chaque action – là où l’imprimé humanise, le digital démultiplie ; là où l’un structure, l’autre mobilise.

Organiser un mix-média inclusif : bonnes pratiques concrètes

Pour mettre toutes les chances de son côté, il est essentiel de raisonner “mix-média” en tenant compte du contexte local mais aussi des opportunités qu’offre chaque technologie. Voici quelques bonnes pratiques issues de nos échanges de terrain :

  • Mener un audit rapide des habitudes des publics (questionnaire simple ou observation : qui utilise quoi ?)
  • Penser simultanément contenus et formats pour faciliter la déclinaison : mêmes messages, supports adaptés
  • Créer des ponts entre canaux : QR codes sur l’imprimé, pages dédiées sur le site, supports papier téléchargeables
  • S’appuyer si possible sur des ambassadeurs : usagers, professionnels, aidants pour relayer, adapter, évaluer les supports
  • Mettre à jour régulièrement l’information sur le digital, retraiter ou recycler le matériel imprimé (transversalité)
  • Etre attentif à l’accessibilité numérique : sites et documents conformes RGAA, PDF accessibles
  • Intégrer l’éco-responsabilité : papier recyclé, impression raisonnée, hébergement vert

Points de vigilance : ce qu’il ne faut pas oublier

  • Le « fossé numérique » demeure un risque d’exclusion sociale pour de nombreux publics du médico-social : le digital seul ne suffit pas.
  • L’imprimé doit aussi évoluer : privilégier formats clairs, pictogrammes, langage facile à lire et à comprendre (FALC), informations essentielles.
  • L’évaluation de l’efficacité des supports (questionnaires, micro-sondages) permet d’ajuster et de ne pas s’enfermer dans une routine.
  • Enfin, l’accompagnement à l’usage, la mise en confiance, la sensibilisation au numérique sont fondamentaux pour que le digital tienne ses promesses.

Pour aller plus loin : construire une stratégie évolutive et adaptée

Plus qu’un choix binaire, la question “digital ou imprimé ?” doit ouvrir à la co-construction d’une communication sur-mesure. Associer les usagers, tester plusieurs outils, évaluer régulièrement l’efficacité des dispositifs : telles sont les clés pour développer une communication médico-sociale vraiment inclusive et efficace, qui respecte le rythme, la diversité et les besoins de chacun.

L’enjeu n’est donc pas seulement technologique ou budgétaire : il est éminemment humain. Porter une attention particulière à la diversité des usages, innover en restant simple et accessible, combiner les supports sans les opposer, voilà ce qui permet, au quotidien, de mieux faire entendre la voix du secteur médico-social.

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