Panorama des deux supports : caractéristiques, usages et perception

Le tableau d’affichage : un classique rassurant

  • Fonction : Affichage mural d’informations imprimées (A4, A3, posters) dans des espaces fréquentés : hall, couloirs, salons.
  • Exemples d’usages : Planning des animations, menus hebdomadaires, messages aux familles, affiches de prévention…
  • Accessibilité : Immédiate, visible par tous, sans besoin de matériel supplémentaire.
  • Image auprès des résidents : Forme familière, génération “papier”, repères connus.

La tablette tactile : l’innovation à portée de main

  • Fonction : Terminal nomade, interactif, permettant la consultation et même la co-création de contenus numériques.
  • Exemples d’usages : Applications d’information, vidéos explicatives, messagerie interne, albums photo partagés, visio avec les familles, jeux pour animer la vie sociale…
  • Accessibilité : Dépendante de la familiarité avec le numérique, besoin d’accompagnement au départ.
  • Image auprès des résidents et familles : Modernité, parfois appréhension (“ce n’est pas pour moi…”), mais aussi curiosité et plaisir d’apprendre pour certains.

Comparatif détaillé : Forces et faiblesses des deux supports

Critère Tableau d’affichage Tablette tactile
Accessibilité immédiate + – Vue directe, ne nécessite aucune compétence – Peut nécessiter initiation, manipulation
Visibilité + – Visible de loin, dans les espaces de passage – Souvent individuel, usage en groupe possible mais limité
Actualisation de l’information – Mise à jour manuelle, dépend du temps des équipes + Mise à jour instantanée à distance, possible automatisation
Interactivité – Strictement passif + Jeux, quiz, sondages, messages personnalisés
Inclusivité + S’adresse à tous sans distinction – Risque d’exclusion des résidents peu à l’aise avec le numérique
Coût + Faible à l’achat, entretien minime – Investissement initial plus élevé, maintenance, formations
Attractivité – Peut passer inaperçu ou être jugé “vieillot” + Attire, peut dynamiser une animation, renouveler l’intérêt
Respect de la vie privée – Infos visibles de tous, attention aux données sensibles + Possible personnalisation, accès privé pour certaines infos familiales
Durabilité environnementale + Aucune énergie, recyclable – Déchets électroniques, empreinte énergétique

Critères à prendre en compte : pour un choix adapté à chaque EHPAD

  • Le profil des résidents : autonomie, appétence pour le numérique, difficultés cognitive ou visuelle…
  • L’implication des familles : certaines familles souhaitent s’informer ou interagir à distance (tablette, extranet), d’autres préfèrent le lien physique de l’affichage public.
  • Le temps disponible pour la mise à jour de l’information : le tableau manuel peut devenir obsolète si la charge de travail explose.
  • Les moyens financiers : achat groupé de tablettes (mutualisation), recours à la subvention, mais aussi coûts cachés (maintenance, formation, renouvellement des matériels…)
  • L’habitude de consultation : certains résidents regardent le tableau quotidiennement lors des déplacements ; d’autres n’y prêtent pas attention et participent davantage à une animation numérique.
  • La sécurité des données : la tablette permet une personnalisation, mais impose une vigilance sur la confidentialité et la gestion des accès.

Des retours de terrain pour éclairer le choix

Plusieurs études et enquêtes mettent en avant une réalité : il n’existe pas de solution unique universelle pour la communication interne en EHPAD.

  • L’expérience “tablettes” lors de la crise Covid (source : France Inter) : dans nombre d’EHPAD, les tablettes ont été plébiscitées par les familles et le personnel pour maintenir le lien quand les visites étaient impossibles. Cependant, beaucoup de résidents ont eu besoin d’un accompagnement “humain” des soignants pour apprivoiser ce nouvel outil.
  • L’affichage reste central d’après la Fédération des établissements hospitaliers et d'assistance privée (FEHAP) : malgré l’évolution technologique, le “panneau d’affichage” physique demeure un repère clé pour les résidents, notamment pour les plannings, la restauration ou les consignes collectives. Son caractère statique est contrebalancé par son accessibilité universelle.
  • Adapter l’outil à la dynamique de l’établissement : les EHPAD très animés, avec un fort renouvellement d’activité (animations, sorties, ateliers), tirent parti des tablettes et écrans dynamiques permettant une information en temps réel, la diffusion d’albums photos ou de vidéos souvenirs. Ailleurs, la sobriété du tableau d’affichage, souvent “habillé” de couleurs ou de créations réalisées avec les résidents, participe à l’ancrage dans le quotidien.

Il est possible (et pertinent) de combiner les deux outils

Pourquoi choisir ? Sur le terrain, de plus en plus de structures optent pour une approche mixte, à adapter en fonction de leur contexte :

  • Prendre en compte la diversité d’appropriation : certains résidents préfèrent l’écrit et la routine, d’autres se saisissent avec plaisir des nouveautés numériques. Associer les deux, c’est réduire la fracture digitale.
  • Multipliez les canaux : panneau d’informations dans le hall + tablette nominative pour les échanges privés (médecin, famille, photos…). C’est un gage d’agilité, utile notamment lors d’événements exceptionnels (canicule, crise sanitaire…).
  • Associer les résidents à la création de l’information : pourquoi ne pas organiser des ateliers autour de la tablette, pour réaliser des vidéos témoignages, ou imaginer un “journal de l’EHPAD” papier affiché ? Ces moments favorisent la transmission entre générations et valorisent les compétences variées.
  • Envisager la tablette comme un véritable support d’animation : jeux, stimulation cognitive, enregistrement de souvenirs, visioconférences.

Conseils pratiques pour une mise en place réussie

  1. Faire un état des lieux participatif : sonder les attentes des résidents, familles, équipes. Ne pas présumer, mais enquêter sur la façon dont chacun s’informe (mini-enquêtes, entretiens, groupes de parole).
  2. Former et accompagner : si la tablette est adoptée, prévoir des ateliers de “prise en mains” et désigner un “ambassadeur numérique” parmi le personnel ou les résidents volontaires.
  3. Dynamiser le tableau d’affichage : variez la présentation, jouez sur la couleur, les visuels, changez régulièrement les emplacements pour attirer l’œil ! Pourquoi ne pas confier la refonte du panneau à un groupe de résidents ?
  4. Définir les modalités de mises à jour : qui affiche, qui valide, à quelle fréquence ? Même numérique, l’information deviendra vite obsolète sans organisation solide.
  5. Attention à la clarté et à la lisibilité : pour tous les supports, privilégier les lettres de grande taille, le contraste, les messages courts et compréhensibles, l’usage de pictogrammes.
  6. Évaluer l’efficacité : régulièrement, demandez si les informations sont lues/comprises, adaptez en fonction des retours. La communication est vivante !

Et demain ? Réinventer l’information au service du bien-vivre en EHPAD

Informer en EHPAD n’est pas qu’une question d’outils ou de supports : c’est d’abord une démarche humaine, collective, qui doit s’ajuster aux besoins et envies de chacun. Le tableau d’affichage rassure et structure, la tablette offre des potentialités créatives et interactives. Les établissements qui osent croiser tradition et innovation créent des espaces d’échange plus inclusifs, renforcent le lien social et stimulent l’autonomie.

La question n’est donc pas de trancher, mais d’investir dans une communication “sur-mesure”, à la fois accessible et évolutive. En multipliant les portes d’entrée vers l’information, en misant sur la co-construction avec tous les acteurs (résidents, familles, professionnels, bénévoles), chaque EHPAD a toutes les cartes en main pour faire de l’information un vrai support de qualité de vie.

Pour aller plus loin : Haute Autorité de Santé : Qualité de vie et information en EHPAD

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